La révolution intellectuelle du XVIIIe siècle, qu'on appelle le siècle des Lumières, entraina l'abandon de nombreuses coutumes ancestrales et l'avènement d'un nouvel âge féru de science et de raison.
Cette période de grands bouleversements annonçait le début de la disparition d'un grand nombre de croyances touchant, notamment, aux spectre et aux vampires.

La foi dans la science l'emportant sur la superstition "et a fortiori la religion"les enquêtes sur les agissements des vampires régressèrent peu à peu.

Empiristes et philosophes fustigeaient alors allégrement les amateurs de folklore et les fanatiques religieux qui admettaient encore l'existence des morts-vivants.

De son côté, l'église, tout en continuant à croire au Diable et à la résurrection, commença à refuser tout crédit aux rapports sur les entités maléfiques.

Un des philosophes les plus éminents de l'époque Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), résuma ainsi son attitude progressiste - mais ambiguë - envers le vampirisme dans une lettre à l'archevêque Christophe de Beaumont :

S'il y a dans le monde une histoire attestée, c'est celle des vampires. Rien n'y manque : procès-verbaux, certificats de notables, de chirurgiens, de curés, de magistrats ; la preuve juridique est des plus complètes. Avec cela qui croit aux vampires ?

Mais la rareté des rapports contemporains sur les vampires résultait-elle d'une meilleure connaissance des mécanismes de la mort ?

Ou était-ce la preuve de la mauvaise volonté des scientifiques qui craignaient de publier des enquêtes considérées par trop démoniaques, païennes et irrationnelles ? Car, comme sous la Réforme, subsistaient encore en Europe nombre d'enclaves où la pensée moderne n'avait pas pénétré.

Les populations tziganes illettrées qui circulaient aux confins de la Hongrie, de la Serbie, de la Roumanie, de la Russie et de la Grèce continuaient à raconter, des histoires de morts-vivants.
à l'aube du XIXe siècle, on déterrait toujours autant de cadavres pour les empaler et les brûler dans la plus pure tradition.

Et tandis que la science des Lumières pensait avoir eu raison du vampire, celui-ci s'apprêtait déjà à ressusciter grâce à un nouveau maître : la littérature romantique.

Les tueurs vampires

Le XIXe siècle vit le retour du terme populaire " vampire " pour désigner des criminels sadiques assoiffés de sang, qui eux étaient tous bien vivants.

Le tueur en série allemand Fritz Haarman, par exemple, est devenu célèbre sous le nom de "vampire de Hanovre" pour s'être livré au cannibalisme sur une cinquantaine de jeunes homosexuels.
Quant au " vampire de Düsseldorf ", alias Peter Kürten, il étranglait, violait et égorgeait ses victimes puis buvait leur sang, selon ses propres paroles comme un alcoolique s'abonne à d'alcool.

" Vous ne pouvez pas me comprendre, déclara-t-il avant d'être guillotiné, personne ne peut me comprendre."

" Vampires" du XXe siècle
John haigh :
le "Vampire de Londres" but le sang de neuf personnes, qu'il a ensuite dissoutes dans de l'acide (année 1940).
Andrei Chikatilo :
le " Forest Strip Vampire " dévora et vampirisa plus de cinquante personnes (année 1970-1990)
Juan Koltrun :
le Vampire de Podlaski vampirisa deux des sept personnes qu'il viola (1982)
Marcello de Anrade :
sodomisa, tua et but le sang de quatorze jeunes garçons, dans l'espoir de retrouver sa jeunesse (1991)