Au début du XVIIIe siécle, les vampires s'étaient infiltrés dans les couches supérieures de la socièté, des universités aux militaires, et des églises aux cours royales.

Des anecdotes toujours plus nombreuses en provenance des différents pays d'Europe semblaient confirmer leur existance.

On observait le même phénomène dans le Nouveau Monde, d'où les conquistadors rentraient avec des histoires de civatateo, des vampires-sorcières.
D'effrayants récits de cadavres revenus à la vie furent peu à peu légitimés par la pupolation d'innombrables dissertations et traités rédigés par les savants les plus renommés de l'époque.
Parmi ces ouvrages, certains concernent plus particulièrement les habitudes alimentaires des morts-vivants :

De masticatione mortuorum ("de la mastication des morts"),1728
Tractatus von dem Kauen und Schmatzen der Toten in gräbern ("Traité de la mastication des morts dans leur tombe")1734 par michel ranft,
Dessertatio de hominibus post mortem sanguisugis ("Dissertation sur les morts qui boivent du sang") 1732 par Johann C.Rohl et Johann Hertel.

Ne voulant pas être en reste sur les hommes de science, l'église apporta sa contribution, publiée à Paris en 1746, sous le titre Traité sur les revenants en corps, les excommuniés, les oupires ou vampires, Broucolaques de Hongrie, de Moravie etc., édifiant et important ouvrage que l'on doit au bénédictin dom Augustin Calmet.

L'alphabétisation, qui , au cours de XVIIe et du XVIIIe siècle connut une certaine expansion, contribua non seulement à répandre le vampirisme_ou du moins les histoires de vampires_ mais aussi, et heureussement, à propager les essais plus savants et plus objectifs sur le sujet.

Le siécle des lumiéres s'avançaient et, comme tout tueur de vampires digue de ce nom le sait fort bien, la clarté peut être extrémement néfaste aux morts-vivants.

Arnold Paole

Il existe peu de cas de vampirisme aussi documentés que celui d'Arnold Paole, revenu du tombeau pour terroriser le village de Medwegya, près de Belgrade.

Le rapport officiel de police, Visum et Repertum (Vu et Rapporté) fut publié en 1731 par le Dr Johann Flückinger et contresigné par divers responsables témoins.

Soldat serbe, Paole revenait d'une mission en Grèce, pays infesté par les revenants*.
En 1728, il tomba malade et décéda, amis pas avant d'avoir raconté l'expérience qu'il avait connue là-bas : une attaque de vampire.

Il était enterré depuis un mois lorsque'on le vit errer nuitamment dans le village.
Beaucoup de gens se plaignirent d'être harcelés par ce corps ranimé, certains trépassèrent même dans des conditions mystérieuses.
Suspecté de vampirisme, Paole fut exhumé.
On le trouva "les mâchoires grandes ouvertes, les lèvres maculées de sang frais".
On répandit de l'ail sur son cadavre et on lui enfonça un pieu dans la poitrine.

Les corps de ses supposées victimes furent également exhumés et reçurent le même traitement "réparateur".

  • vampire grec : Vrykolakas