Les vampires sous la réforme
Par Onyx le vendredi 16 décembre 2005, 10:25 - Les vampires - Lien permanent
Jusqu'à la Réforme, révision du dogme catholique au XVe siècle, les cas de vampirisme ne firent l'objet que d'anecdotes citée par divers chroniqueurs.
Tout changea avec les sanctions papales visant bon nombre de publications qui décrivaient le phénomène vampirique et les moyens de s'en prémunir.
C'est ainsi que les vampires acquirent une reconnaissance officielle grâce à celui qui aurait dû être leur ennemi naturel.
Le premier ouvrage traitant sérieusement de l'occulte fut le "Malleus maleficarum" (Marteau des sorcières), publié en 1487.
Le prétexte de ce guide, qui se voulait pratique, avait été puisé dans la bible (Exode 22, 18) : "tu ne laisseras point vivre la magicienne"
Ses auteurs, les dominicains Jakob Sprenger et Heinrich Kramer, y prodiguaient leurs conseils (sujet à caution) pour chasser et éliminer les sorcières et les vampires, deux manifestations patentes du diable.
C'est ainsi que débuta une période d'hystérie où l'on tortura, noya, pendit et brûla à tour de bras des innocents par milliers dans toute l'Europe.
Cette horreur dura plusieurs siècles.
D'autres ouvrage importants se succédèrent. Le roi d'Ecosse en personne, Jacques VI (alias Jacques Ier d'angleterre), donna au vampires ses lettres de noble réprobation en rassemblant des histoires de morts-vavants dans "Démonologie"(1597).
Une thèse de poids sur le vampirisme, de "quorumdam Graecorum opinationibus", par le père leo Allatius, parut en 1645.
Elle proposait un florilège des superstitions et ordonnances religieuses collectées dans la Grèce d'alors.
Dans "An Antidote against Atheism", de 1652, un recueil d'histoires de revenants, une autre personnalité remarquable, le poète et philosophe anglais Henry More, accordait foi à ce qui avait été autrefois considéré comme une simple calamité à laquelle était accoutumé la petit peuple.
Il apportait en fait la confirmation que le vampire ne se contentait pas de trucider les pauvres gens mais se régalait aussi des représentants de la bonne sociétè.
la comtesse sanglante
Elisabeth Bàthory (v. 1560-1614) ne s'est peut-être pas désaltérée du sang de ses victimes (bien qu'on n'en ait pas la preuve formelle) mais, à coup sûr, elle se baignait dedans.
Née au sein d'une puissante famille hongroise, Elisabeth gagna son sanguinaire surnom en torturant et en saignant à blanc des jeunes filles.
persuadée que leur sang aurait des effets bénéfiques sur la peau vieillissante, elle s'en recouvrait ou en aspergeait régulièrement son corps.
Comme Gilles de Raie avant elle, Elisabeth Bàthory n'était pas un vampire.
On pense qu'elle avait dû être initié à la magie noire et qu'elle aimait les orgies, mais c'est son goût pour le sang qui valut à la "comtesse hongroise sanguinaire" de figurer en bonne place dans le panthéon vampiririque.

Commentaires
très intéressant !
sur un sujet voisin qu'est la sorcellerie, je te conseille de lire si tu n'en as pas encore eu l'occasion "le dernier chasseur de sorcière" de James Morrow, c'est un roman qui s'inscrit dans l'histoire de la chasse aux sorcières et qui parle abondemment du "Malleus maleficarum".
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